C’est l’histoire d’une femme qui achète une société et se fait dépouiller par son ancien patron…

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C'est l'histoire d'une femme qui achète une société et se fait (...)
Monique Buridan a 61 ans. Toute sa vie, elle a travaillé comme une bête un peu partout dans le monde pour différentes sociétés spécialisées dans le déménagement. AGS d’abord en Guadeloupe de 1988 à 1990, puis à Paris.

Elle a ensuite travaillé pour le groupe Biard Déménagement comme salariée. En 2001, elle est toute heureuse de retrouver son ile natale en tant que responsable, puis chef d’agence. A ce titre, elle s’occupe de la partie logistique, mais n’a aucun regard sur les comptes.

Une société rachetée 500.000€

Tout se passe parfaitement, jusqu’à ce qu’en 2009, le patron, Jean-Louis Biard, quelqu’un pour qui elle a une grande admiration et un respect sans bornes, lui propose de racheter l’antenne locale du groupe composée de deux sociétés, Biard Déménagement et Tropic Réunion, la holding locale.

La somme demandée est importante: 500.000€! Monique Buridan fait un emprunt de 350.000€ auprès de sa banque pour racheter 60% de la société holding, Jean-Louis Biard en conservant 30% par le biais d'un crédit vendeur de 150.000€, plus la marque, tandis qu’un autre partenaire met 10%.

Pas très au fait du droit, elle se croit propriétaire de son entreprise. Elle va vite déchanter! En fait, elle se rend vite compte qu’elle n’est qu’un pion et qu’en fait, Jean-Louis Biard se comporte en véritable gérant de fait, continue à tirer les ficelles, à lui imposer par exemple de travailler en exclusivité avec ses autres sociétés dans le monde, à des tarifs exorbitants.

Il y a deux ans, quand la Sécurité sociale l’informe de ses droits à la retraite, elle découvre au passage que son ancien patron n’avait pas cotisé à la Sécu entre 2007 et 2009…

Tout a été fait pour vider les caisses de la société

Les relations se tendent. Monique Buridan continue à assurer des prestations pour le groupe, mais n’est pas payée en retour. La trésorerie fond à vue d’œil.

En 2015, Jean-Louis Biard lui propose de quitter la gérance de la société. Elle refuse. Les relations se tendent encore plus.

Re-belote en 2017. On lui propose à nouveau de quitter la gérance, elle refuse encore.

Pendant ce temps-là, la société métropolitaine de Jean-Louis Biard continue à facturer à prix fort ses prestations, en lui interdisant de faire jouer la concurrence.

Tout cela est dans les mails ou les correspondances, entre les mains de la justice.

En décembre 2017, le crédit vendeur se termine et elle devient donc propriétaire de 90% de sa société.

Pour autant, Jean-Louis Biard, qui n’est donc plus actionnaire, continue à lui imposer ses vues et à se comporter en patron.

Ce qui devait arriver arriva et la société finit par subir un interdit bancaire suite à un retard de paiement.

Dans le même temps, au mois de mars dernier, un mois important pour les transporteurs car c’est là que se préparent la plupart des déménagements, Jean-Louis Biard débarque avec deux comptables pour récupérer tous les documents. Comme s’il était toujours propriétaire de la société!

Virée de sa propre société

Et le 15 mars, il installe à la Réunion une de ses sociétés de déménagement de métropole, la MIOM, dans les locaux de la SEMIR au Port. Monique Buridan comprendra vite que cette société, avec la complicité de certains de ses propres employés restés fidèles à leur ancien patron, n’avait qu’un seul objectif: phagocyter Tropic Réunion en lui piquant les marchés, et parfois même en utilisant ses locaux ou ses employés!

Le 24 avril, jour du passage de Fakir, à bout de nerf, elle accepte de démissionner de la gérance et Jean-Louis Biard la force à nommer son cousin à sa place.

Depuis cette date, bien que toujours officiellement chef d’agence et propriétaire de 90% de sa société, elle n’est plus payée ou alors, au lance-pierre. Pourtant, il faut bien qu’elle vive…

N’en pouvant plus, elle finit par porter plainte à la gendarmerie, avec toutes les preuves de ce qu’elle avance. Pas content, mais alors pas content du tout, Jean-Louis Biard la fait licencier par son cousin.

Puis le-dit cousin place la société en redressement judiciaire et demain mercredi, elle risque d’être liquidée alors même que lors de l’audience de la semaine dernière, le mandataire Hirou avait dit publiquement que le cousin avait dépecé la société de Monique Buridan.

Il se comporte comme s'il avait déjà récupéré la société

Le placement en redressement judiciaire, puis la liquidation, c'est exactement ce qu’attendait son ancien patron, qui a tout fait pour arriver à ce résultat. Il pourra dès lors récupérer la clientèle de la société qui porte toujours son nom puisque Monique Buridan avait tenu à le conserver, en échange du versement d'un loyer.

Déjà, il a récemment répondu à un appel d'offre auprès de l'EPSMR etdu Centre Hospitalier Gabriel Martin de St Paul, dans le cadre d'un groupement avec deux autres sociétés de déménagement, en indiquant qu'il disposait d'un dépôt ainsi que des moyens techniques, alors que ceux-ci sont ceux de Tropic Réunion. Il s'est même autorisé à faire visiter ce dépôt, comme s'il appartenait au groupe Biard, alors que c'est Tropic Réunion qui en est locataire ! Comme s'il avait déjà récupéré la société alors qu'elle n'est pas encore liquidée ! Une plainte a été déposée.

La Justice dispose de toutes ces preuves. Les faits ont même été évoqués en audience mercredi dernier. Au lieu de demander à Jean-Louis Biard de payer ses dettes, ce qui permettrait à la société de continuer à vivre, et au lieu de le poursuivre pour détournement d’actifs, le mandataire financier a demandé la liquidation de la société.

Quitte à laisser 24 salariés sur le carreau.

Monique Buridan aura tout perdu, ses 500.000€ et la société dans laquelle elle s'était donnée corps et âme. Tandis que Jean-Louis Biard lui, aura tout gagné. Et son plan machiavélique aura parfaitement fonctionné...

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