Carrières : Lataniers Nout Ker d’Vie lance un "appel de détresse" au secrétaire d’Etat

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L'association Nout Ker d'Vie adresse une lettre ouverte au secrétaire d'État auprès du Ministre de la Transition écologique et solidaire, actuellement en visite sur notre île. "Notre santé et notre environnement sont en danger à la Réunion en raison des impacts cumulés des nombreuses méga-carrières de roches massives que la Région Réunion s’entête à vouloir ouvrir", écrit Stéphanie Gigan, la présidente, demandant une étude d’impact actualisée pour la partie en digues de la NRL et la mise en place d'une médiation. "Monsieur le Ministre,

Vous êtes sur notre île dans le cadre de la 16ème édition de la Semaine Européenne du Développement Durable. A La Réunion, cette édition est placée sous la thématique "santé et environnement", en lien avec le PRSE (Plan Régional de Santé et Environnement) qui va entrer dans sa 3ème phase.

Or c’est un véritable appel de détresse que nous vous adressons dans cette lettre ouverte car notre santé et notre environnement sont en danger à la Réunion en raison des impacts cumulés des nombreuses méga-carrières de roches massives que la Région Réunion s’entête à vouloir ouvrir pour approvisionner la partie en digues du chantier de la Nouvelle Route du Littoral (NRL).

Vous ne pouvez pas n’écouter que les versions édulcorées qui vous sont rapportées par les responsables de ces projets désastreux.

Sans remettre en cause la nécessité d’une liaison sécurisée entre le Nord et l’Ouest de l’île, rappelons que cette partie en digues a été vivement contestée dès l’origine avec les avis défavorables unanimes des experts environnementaux (Haute Autorité Environnementale, CNPN, CSRPN etc.), justement à cause de la problématique de l’approvisionnement en matériaux.

L’actualité des derniers mois (auto saisine du CNPN en avril sur le dossier – Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du 29 mai dernier annulant la modification du SDC de 2014 etc.) démontre la légèreté et les lacunes de la Région Réunion sur ce dossier de l’approvisionnement en matériaux de ces digues et met au jour ce que nous dénonçons depuis 2013, l’insuffisance de l’étude d’impact d’origine.

Rappelons qu’au moment de la Déclaration d’Utilité Publique du projet de NRL, il n’était pas question d’ouvrir toutes ces nouvelles carrières.
Des carrières de roches massives qui seront excessivement proches des zones urbanisées, voire même en plein cœur de la ville pour les Lataniers à la Possession.
Des carrières proches d’habitations, de crèches, d’écoles, d’assistantes maternelles, d’infrastructures sportives ou culturelles etc.

Des carrières dont les impacts rayonneront bien au-delà des seuls riverains notamment avec les centaines voire milliers de rotations quotidiennes supplémentaires de ces énormes camions-bennes qui transiteront sur nos routes, avec tous les risques associés.

Et que dire des impacts environnementaux cumulés de toutes ces carrières que le récent arrêt de la CAA de Bordeaux a très bien résumé: Près de 200 hectares susceptibles d'être ouverts à l'exploitation de carrières dans des secteurs qui «ont une valeur particulière du point de vue de la protection de l'environnement», situés «à proximité immédiate de zones habitées et d'espaces sensibles tels que la Réserve Marine (…), de ZNIEFF (de type 1) ».

Lors de sa venue en juin 2014, Monsieur Nicolas HULOT lui-même avait plaidé pour un moratoire et une variante de NRL la moins impactante pour la Nature.

Il est urgent de passer des paroles aux actes.

Monsieur le Ministre, par la présente nous vous demandons:

- d’exiger la réalisation d’une étude d’impact actualisée pour la partie en digues de la NRL, complète et sincère, tenant compte des éléments nouveaux non parfaitement connus au moment de la DUP de 2012, en particulier les impacts cumulés des nouvelles carrières à ouvrir.
(C’est d’ailleurs la demande formulée par l'Autorité Environnementale du CGEDD dans son avis du 11 avril dernier)

- La mise en place d’une médiation comme celle qui a été faite pour le projet controversé de Notre Dame Des Landes.
En effet, au vu du contexte et même à plus de 10.000km, nous avons droit au même traitement.

Nou lé pa plus, nou lé pa moins.

Nous devons refuser de sacrifier notre patrimoine, notre santé, et plus généralement notre véritable intérêt général, au profit d’intérêts particuliers de certains lobbies influents.

Il est urgent de réfléchir sur le long terme, pour nous et pour nos générations futures plutôt que de les sacrifier et de sacrifier notre environnement exceptionnel pour des gains à courts termes plus qu’incertains.

Vous remerciant par avance de toute l’attention que vous voudrez bien porter à notre requête.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre très haute considération".

Stéphanie GIGAN
Présidente de l’association LATANIERS NOUT KER D’VIE
lataniers974@gmail.com
www.zinfos974.com
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