Centenaire de l’armistice de la Premier Guerre mondiale : montez dans notre machine à voyager dans le temps

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PAPEETE, le 8 novembre 2018. A l'occasion du centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, Tahiti Infos revient sur certains temps forts de la Première Guerre mondiale au fenua et notamment sur le bombardement de la ville le 22 septembre 1914.


Pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, la ville de Papeete a publié il y a quatre ans l'ouvrage "Le bombardement de Papeete du 22 septembre 1914 et la Grande guerre dans les EFO" dédié à l’implication de la population des Établissements français d’Océanie dans la Grande Guerre. L'ouvrage de plus de 300 pages regorge de nombreuses photos (754 pour être précis) prises il y a une centaine d'années. On peut passer des heures à scruter les photos, à regarder où elles étaient prises et à être surpris de voir de les changements. Papeete a beaucoup évolué et pourtant on retrouve quelques éléments qui n'ont pas changé. A l'occasion du centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, nous avons décidé de comparer ces clichés avec des photos prises ces dernières années.

Dans ce livre, les historiennes Marie-Noëlle Frémy et Corinne Raybaud passent en revue, au fil de onze chapitres, les faits qui ont marqué la collectivité d’outre-mer durant les années de guerre : le bombardement de la ville, le 22 septembre 1914 ; la constitution puis le départ des contingents de Poilus tahitiens ; la vie des EFO durant la guerre ; les batailles où se sont illustrés les soldats polynésiens ; leur retour au fenua ; l’épisode de la grande épidémie de Grippe espagnole en 1918.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, les murs de la présidence de la Polynésie française accueilleront les panneaux de l’exposition Centenaire 1914-1918 / Poilus tahitiens du 11 novembre au 30 novembre. Dédiée à l’histoire des Tahitiens dans la Grande Guerre, l’exposition se constitue d’une quarantaine de panneaux illustrés relatant avec minutie leur histoire souvent méconnue.

Faites coulisser le curseur pour comparer la ville à différentes époques

A gauche, une photographie prise après le bombardement de Papeete ; à droite, le même point de vue, photographié en 2011. En promenant le curseur, vous pouvez comparer ce qui a changé et identifier ce qui n'a pas bougé.
L'escadre allemande à l'entrée du port Le 22 septembre 1914, à l'aube. Deux bateaux sont repérés près de Moorea. Ce sont deux croiseurs qui sont accompagnés de ravitailleurs. « Ils n'ont pas de pavillon », décrit l'historienne Marie-Noëlle Frémy, qui a participé bénévolement à la rédaction du livre Le Bombardement de Papeete du 22 septembre 1914 et la Grande Guerre dans les EFO. « L'ordre d'évacuer la ville est lancé. Les bateaux se présentent. Destremau donne l'ordre de tirer des coups de semonce. » A terre, il y a 130 hommes prêts à se battre. En face, « l'escadre est au top. Elle s'est préparée pendant la traversée du Pacifique. Elle possède des armes extrêmement puissante. Deux mille hommes sont à bord », raconte l'historienne.
Le pavillon monte. C'est le pavillon allemand. Puis c'est le pavillon de guerre qui est hissé. « Destremau donne alors l'ordre de faire exploser les mines et de mettre le feu au dépôt de charbon. Les Allemands vont voir qu'il n'y a pas de balisage et qu'il est impossible de passer » , explique Marie-Noëlle Frémy. « Les canaux sont prêts à débarquer mais ils auraient deux à trois kilomètres à parcourir sous les feux de la batterie. Ils décident donc de ne pas débarquer mais bombardent. »
Leur bombardement s'arrêtera à la limite de la cathédrale. Tout le centre-ville est en bois, il y a de l'alcool et des réserves de carburants, le feu se répand donc vite.
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Ecoutez l'historienne Corinne Raybaud parler de la vie à Tahiti, il y a 100 ans
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On « speak english » à Tahiti Il y a une centaine d'années l'anglais était présent dans les conversations et aussi sur les devantures des magasins. « L'usage de la langue française était peu pratiqué. Dans un écrit du gouverneur en 1914, il dit qu'il est très étonné de constater que la plupart des affiches sur les devantures des magasins sont en anglais et que la plupart des gens parlent tahitien ou alors anglais », explique l'historienne Corinne Raybaud. « Sur Papeete, quand même le française se parle mais dès qu'on va dans les districts ce n'est pas le cas cas. Le français est très peu utilisé. Le gouverneur s'étonne car il considère qu'en 70 ans de présence française, c'est-à-dire depuis le protectorat, il pensait arriver dans une île où on parlerait beaucoup plus le français. »

Ecouter l'historienne Corinne Raybaud décrire l'importance de l'anglais en 1914
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