Coopératives d’artisans : “un énorme potentiel et de la volonté”

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Coopératives d'artisans : “un énorme potentiel et de la volonté”

Si l’on connaît bien les coopératives agricoles et commerçantes, celles qui unissent des artisans sont moins répandues. Deux coopératives d’artisans ont été créées dans notre département,  les Taxis Vanille et la Maison artisanale de Mayotte. Pour officialiser le lancement de ces deux entreprises, un formateur est venu de métropole. Denis Schoumacker travaille pour la Fédération française des coopératives et groupements d’artisans (FFCGA), il intervient toute cette fin de semaine à la Chambre des métiers pour aider ces structures à se lancer.

“Il y a un énorme potentiel, et il y a de la volonté” note-t-il, après deux jours de travail avec les fondateurs de la coopérative des Taxis Vanille. “Il n’y a pas assez de coopératives d’artisans en France, les artisans se font bouffer car souvent, ils sont restés individualistes dans l’âme. Il faut savoir bosser ensemble”. La Fédération compte au niveau national 150 coopératives d’artisans, moyennant un chiffre d’affaire de plus d’1,5 milliard d’euros. A Mayotte, c’est une première. “Cela fait deux ans qu’on travaille sur cette idée de coopérative de taxis et d’artisans d’art. On a signé un accord officiel l’année dernière” résume-t-il. Selon lui, l’intérêt d’une coopérative “c’est de développer leur business et de faire en sorte que celui-ci leur coûte moins cher”.

Denis Schoumacker travaille pour la Fédération française des coopératives et groupements d’artisans

Les taxis ont ainsi longuement débattu des bienfaits que pourrait leur apporter cette nouvelle organisation, et des réponses à apporter aux clients pour un meilleur service. Plusieurs idées concrètes ont émergé : une centrale d’appel avec un numéro unique pour trouver un taxi dans toute l’île, avec une permanence jour et nuit, des accords avec les collectivités pour mieux desservir les zones de “travail à perte” et inciter les conducteurs à se rendre dans des zones réputées peu sures. Et pourquoi pas un système d’abonnement “pour faciliter le transport” ? Un code couleur sur les taxis permettra aussi de bien identifier leur itinéraire. Ainsi les rouges seront ceux qui desserviront le centre-nord. En effet les 660 taxis détenteurs d’une licence officielle à Mayotte ont un secteur attribué par la préfecture dont ils ne sont pas censés sortir. Mais rien n’indique au client avant de monter, ce qu’impose la licence du chauffeur qu’il a hélé.

Pour les artisans d’art, la coopérative aura un fruit très concret et qu’ils espèrent juteux : la Maison des artisans de Mayotte occupera le kiosque appartenant au comité de tourisme à la sortie de la barge à Mamoudzou, en face du 5/5. Les quatre coopérateurs y exposeront leurs créations, ainsi que des “produits phares”. Leur objectif à terme est d’attirer davantage de membres dans la coopérative pour développer l’artisanat mahorais, quelque peu écrasé par l’artisanat de l’Océan Indien qui bénéficie d’un bon réseau d’import-export.

Pour les deux activités naissantes, il s’agira de monter en puissance, de professionnaliser des activités actuellement menées de manière… artisanale, et de se pérenniser dans le temps. Un dynamique qui tranche avec les classiques entreprises individuelles, et qui pourrait bien faire décoller l’activité artisanale à Mayotte.

Y.D.

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