Moi je n’aime pas la boue ! - DomTomNews

Moi je n’aime pas la boue !

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Moi je n'aime pas la boue !
Après les épisodes de coulées de boue dans le lagon suite aux passages de Berguita et Fakir , l’eau s’est éclaircie , mais les dépôts sont toujours là et le massif corallien est en grande souffrance .

Si en 1989 , le massif corallien avait repris après le passage de Firinga , c’est qu’auparavant ce massif était globalement en bonne santé. Malheureusement ce n’est plus le cas aujourd’hui .
Il serait temps de réagir aux causes profondes de ces coulées de boue . Ces coulées ont existé de tout temps , mais depuis quelques années , elles sont plus importantes .
En mettant à mal les coraux , ces coulées mettent à terme en péril tout le récif corallien qui protège le littoral ouest des assauts de l’océan . Si cette barrière naturelle venait à disparaitre , c’est toute la zone balnéaire qui serait affectée avec une disparition progressive des plages ( et cela a déjà commencé … jusqu’à avoir probablement les pieds dans l’eau chez Go dans un avenir pas si lointain! ) Et la montée du niveau des mers liée au réchauffement climatique ne fera qu’aggraver le problème .

Revenons aux coulées de boues . La raison ne tient pas seulement aux pluies elles même , mais aussi à l’aménagement du territoire . En effet , on assiste à un accroissement des zones habitées , ce qui conduit à remplacer des zones plus ou moins perméables (terrains agricoles ou inexploités) par des surfaces imperméables (toiture , voirie) . Cela entraine une concentration beaucoup plus rapide des eaux de ruissellement . Les exutoires naturels ( ruisseaux et ravines ) restant inchangés , l’eau s’y écoule avec une vitesse nettement supérieure . Et cette vitesse plus élevée entraine une plus grande érosion des sols: les particules fines sont entrainées et cela forme les coulées de boue que nous avons eues récemment .

Et depuis 2 ou 3 ans , la disparition progressive des andains (pour alimenter le chantier de la route du littoral) a aggravé le problème: jusqu’alors , les terres agricoles qui servaient de tampon à l’évacuation des eaux de ruissellement n’ont plus joué leur rôle et ont été érodées à leur tour . A cela , il faut ajouter l’«épierrage» qui a déstructuré les terrains agricoles avec une extraction mécanique jusqu’à plusieurs mètres de profondeur et à laissé à nu la terre végétale . Tout cela a facilité le lessivage des terrains agricoles qui auparavant jouaient un rôle de régulateur dans la concentration et l’écoulement des eaux pluviales .

Il faudrait donc réagir sur deux axes: l’aménagement et l’urbanisation d’une part, car il faut bien loger la population qui s’accroit , et les pratiques agricoles d’autre part où il faut concilier production et protection des sols et de l’environnement en général .
Pour cela , une vision globale de l’aménagement et de l’environnement serait nécessaire , mais ce n’est pas le cas .

Le comité de bassin (qui s’appelle maintenant Comité eau et biodiversité … pour donner l’illusion ) est plus préoccupé par l’approvisionnement en eau potable que par la problématique des eaux pluviales et de l’environnement .
Le CLAT (Conférence Locale pour l’aménagement du Territoire) élabore un plan qui cadre l’évolution urbaine mais ne gère pas le problème des eaux .

La chambre d’agriculture essaie de préserver des surfaces agricoles face au développement urbain . Mais dans le même temps quelques agriculteurs cèdent aux propositions d’extraction de pierres dans leurs champs bien souvent hors contrôle de la DAAF (Direction de l’Alimentation , de l’Agriculture et de la Foret) ou de la DEAL (Direction de l’Environnement , de l’Aménagement et du Logement).
Les services de l’Etat qui sont censés couvrir et réguler l’aménagement dans son ensemble sont scindés entre l’aménagement géré par la DEAL et l’agriculture gérée par la DAAF … et qui au sein de l’Etat sont plus concurrents que partenaires .
Il existe un comité (un de plus! ) chargé de la Gestion Intégrée Mer Littoral … mais sans pouvoir réel .

Au bout de la chaine , la Réserve marine fait ce qu’elle peut , mais n’a pas de moyens d’action sur l’origine des problèmes .
Tout ce mille-feuilles administratif , déployé au sein des multiples comités aboutit à une inertie décisionnelle dans le meilleur des cas … mais le plus souvent à une absence de gestion globale .


Alors que faire pour remuer nos décideurs politiques?
- les plonger dans la boue … en y rajoutant les plumes?
- créer une commission de plus? (mais comme disait Clémenceau «Si vous voulez enterrer un problème , créez une commission!»)
- pirater le site de l’IRT en remplaçant les belles photos de plage par celles prises après Fakir ou Berguita?
- twitter et faire le buzz sur les réseaux sociaux avec les taux de streptocoques et autres présences suspectes dans le lagon pour vanter l’«Ile intense»?

Je plaisante bien sur …. et je continuerai à participer à différentes commissions en tant que membre d’une association environnementale . Mais face aux aménageurs , bétonneurs et à la sacro-sainte croissance économique , la tâche est rude, et tout soutien sera bienvenu!
www.zinfos974.com
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