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Accident mortel de la route : prison avec sursis

CARNET DE JUSTICE. « On a un homme qui est mort car sa faute est simplement d’avoir été pris en stop par quelqu’un qui ne savait pas conduire. » Le procureur résume ainsi les débats au début de son réquisitoire.
Les accidents mortels de la circulation sont peu nombreux à Mayotte. Pourtant, tous les automobilistes ont pu faire l’expérience de conduites inappropriées, trop lentes, trop rapides ou tout simplement imprécises mettant parfois en doute la capacité de certains conducteurs de se retrouver au volant d’un véhicule.

Ce mercredi, le tribunal correctionnel se penchait sur un de ces accidents tragiques. Le 25 novembre 2012, sous la pluie, un véhicule rate un virage sur la commune de Tsingoni et s’écrase contre un arbre. Le conducteur s’en sort sans trop de dommages, mais le passager est sérieusement blessé. Transporté au CHM, il décède une vingtaine de jours plus tard.

Une addition de malchances

Les circonstances semblent s’être acharnées sur le pauvre homme. Ses blessures n’ont pas directement causées sa mort mais elles ont été le point de départ de complications médicales. L’homme avait la santé fragile. Opéré du cœur à deux reprises en Métropole, les fractures ont entraîné des infections fatales.

Mais sa malchance a d’abord été de monter dans cette voiture. Il ne connaissait en effet nullement le conducteur, il venait d’être pris en stop quelques kilomètres auparavant par un homme qui n’avait pas le permis.

- Vous conduisez sans permis ? demande le Président

- Oui, répond franchement le prévenu.

- Depuis longtemps ?

- Un mois

Sans permis et sans assurance

Ce conducteur n’était pas propriétaire de la voiture qui appartient à un autre homme qui achète des voitures. Mais comme lui non plus n’a pas le permis, il ne peut pas assurer ses véhicules. Le conducteur n’a pas été forcé à conduire, mais les liens anciens qu’il entretien avec le propriétaire qui lui donne du travail l’amène naturellement à prendre le volant. « Si j’avais refusé, il aurait pensé que je ne voulais pas lui rendre service », explique le conducteur.
« Et en prenant une personne en stop, vous ne vous êtes pas dit que vous pouviez mettre cette personne en danger ? ». « Rendre service », répond encore le prévenu, alors que l’autostoppeur attendait une bonne âme sous la pluie.

Comme souvent, avocats de la défense et de l’accusation pointent la légèreté des procédures, le manque d’expertises et de détails aussi bien sur la prise en charge de la victime que sur le véhicule accidenté. Mais la défense aura beau tenter de désamorcer les éléments accablants, elle ne convainc pas. Le propriétaire du véhicule est condamné à 1000 euros auxquels s’ajoutent 350 euros pour le fonds de garantie des assurances. Le conducteur écope d’un an de prison avec sursis, l’interdiction de passer le permis pendant six mois et 300 euros d’amende. « Qu’on ne vous retrouve pas au volant d’une voiture, sinon ça va être chaud », prévient le Président.
Une audience civile devra déterminer le montant des dommages et intérêts à verser à la famille de la victime.

Voir les autres CARNETS DE JUSTICE.

Source : http://lejournaldemayotte.com/2014/03/accident-mortel-de-la-route-prison-avec-sursis/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=accident-mortel-de-la-route-prison-avec-sursis

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