Détérioration de la situation économique au Venezuela. A quoi doit-on s’attendre ?

En 2012, 26 des 189 pays membres du Fonds monétaire international (FMI) avaient une inflation à deux chiffres, donc souffraient d’une
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En 2012, 26 des 189 pays membres du Fonds monétaire international (FMI) avaient une inflation à deux chiffres, donc souffraient d’une forme d’hyperinflation. En 2013, le FMI a prévu que le nombre de ces mauvais élèves baisserait à 16. Dans ce classement, le Venezuela et l’Argentine occupent, depuis des années, une place de choix.
Le Venezuela, a donc explosé les records d’inflation. Evaluée à 21,1 % en 2012 par le FMI, celle-ci y a atteint 56,2 % en 2013. En économie, l’inflation est considérée comme la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. Donc, concrètement, les prix de manière générale ont enregistré une hausse de 56,2%, ou en d’autres termes le niveau actuel vaut plus qu’une fois et demie la valeur initiale sur un an. Une situation extrêmement compliquée, avec un taux qui dépasse largement le niveau d’inflation enregistrée récemment dans l’économie haïtienne.
A rappeler que le chiffre le plus récent qui a été publié pour Haïti par l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI) parle d’une inflation de 3,4 % enregistrée en novembre 2013 par rapport a novembre 2012. Quoique ce taux d’inflation de 3,4% peut être considéré comme relativement faible, il ne correspond pas vraiment à la réalité économique quotidienne. Les consommateurs ressentent toujours de fortes pressions des prix et la perte du pouvoir d’achat en Haïti prédomine. Donc on imagine combien cette pression est intense pour l’économie vénézuélienne.
Comme conséquence de cette situation inquiétante, le groupe d’Etat vietnamien PetroVietnam a suspendu sa production de pétrole brut au Venezuela, et, selon le président de PetroVietnam, cette décision est liée à l’inflation galopante au Venezuela qui a rendu le coût de l’exploitation trop élevé.
Ce qui est encore plus regrettable c’est que le président vénézuélien Nicolas Maduro au lieu de rechercher les vraies causes et remédier à ce problème, a donné de préférence une explication politique, populiste, et non économique à cette situation et taxe ainsi cette inflation de « criminelle ». Il estime qu’elle résulte « de la guerre économique » menée contre son gouvernement par « la droite et la bourgeoisie internationale ».
Cependant nombre d’économistes y voient plutôt le fruit, entre autres, du contrôle des changes instauré en 2003 et de la parité fixe imposée sur le dollar (qui est une forme de manipulation des changes). Le billet vert a atteint jusqu’à dix fois, le taux officiel sur les marchés parallèles. Un autre facteur qui selon les analystes pourrait expliquer cette inflation est que le Venezuela s’est reposé sur ses lauriers de grand pays producteur de pétrole et qu’il s’est désindustrialisé de façon accélérée depuis une dizaine d’années, donc de nombreux biens de consommation et d’équipement, mais aussi des produits alimentaires, doivent être importés.
Un dernier facteur serait le surendettement des pays bénéficiaires du PetroCaribe, pour la plupart non solvables et de faible économie, ce qui constitue un manque à gagner en termes de devise pour le Venezuela. Haïti à elle seule a aujourd’hui, une dette qui s’élève à près de 1,3 milliard de dollars américains envers le Venezuela. A rappeler que ce dernier fournit ainsi 40 % des importations énergétiques de la région des Caraïbes.
Ajouté à ce problème de surendettement, une diminution de la capacité de production de pétrole. En 2001, l’entreprise d’Etat PDVSA produisait 3,3 millions de barils par jour, aujourd’hui elle en produit péniblement 2,8 millions par jour, malgré la mise en exploitation des réserves de l’Orénoque.
Donc, dans notre cas, il est tout à fait évident que cette dette d’environ 1,3 milliard de dollars américains va continuer à augmenter et constituera un lourd fardeau pour les générations futures de ce pays en termes de dettes à payer. Mais, comment pourrait-on arriver à rembourser ces dettes quand près de 40% du fonds de Petrocaribe est utilisé pour la consommation et non pour l’investissement ? De toute évidence, le Venezuela a déjà annulé 395 millions de dollars de dettes pour Haïti suite au séisme du 12 janvier 2010, cependant l’annulation de dette ne résout pas nécessairement le problème, au contraire, les institutions internationales de financement voient en nous plus que jamais un pays insolvable par excellence, ce qui bloquerait la voie pour nous d’obtenir d’autres types de financements bilatéraux ou multilatéraux. La dégradation de la situation économique au Venezuela devrait donc nous inquiéter, mais surtout à nous pousser à réfléchir pour mieux préparer notre avenir. Il faut diversifier ses relations économiques internationales en ne comptant pas trop excessivement sur un seul partenaire international.
Chiffre pour aujourd’hui : 9
Selon les données fournies par le Ministère de l’Intérieur et l’IHSI, pour l’exercice fiscales 2012-2013, 9 des 140 communes d’Haïti ont enregistré des recettes propres inférieures a de 1000 dollars américains. Je répète, 9 des 140 communes d’Haïti ont enregistré des recettes propres inferieures à de 1000 dollars américains. A savoir Roseaux, Saint-Jean du Sud, Baie de Henne, Sainte Suzanne, Capotille, Anse-a-Foleur, Savanette, Arniquet et Tiburon.
Etzer Emile, MBA
Radio Vision 2000

Source : http://radiovision2000haiti.net/public/deterioration-de-la-situation-economique-au-venezuela-a-quoi-doit-on-sattendre/

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