Haïti – Économie : Liens étroits entre le virus Ebola et le Sous-développement

L’origine du virus Ebola et sa propagation sans précédent continuent d’occuper les espaces médiatiques mondiaux et d’alimenter les débats tant sur le plan social qu’économique. Si certains accusent des organisations non-gouvernementales ou autres groupes d’être à l’origine de cette fièvre hémorragique en Afrique, le professeur Jean-Jacques Muyembe, grand spécialiste du virus Ebola et directeur de l’Institut national de recherche biomédicale en République Démocratique du Congo (RDC) n’y va pas par quatre chemin en affirmant qu’Ebola est un problème essentiellement de manque d’hygiène publique, de propreté, mais aussi de grande précarité et de pauvreté de l’immense majorité des populations.

La pauvreté, le sous-développement et la précarité sont tellement impliqués dans la propagation de l’infection que les trois pays les plus violemment touchés font partie des 5 à 10 derniers au monde du point de vue du revenu annuel par habitant. Nous parlons ici de la Guinée avec un revenu per capita de 1100 dollars américains, Sierra- Leone 800 dollars américains et le Libéria avec seulement 400 dollars américains.

Le professeur a continué pour dire que la gestion de la fièvre hémorragique venant du virus Ebola est à l’image de la gestion actuelle de ces pays : improvisation, démagogie, désinformation, propagande populiste… sur fond de politique sectaire et clientéliste. Le drame de la Guinée par exemple réside dans l’absence du service public, pas d’employés municipaux, pas d’employés du gouvernement, ce qui a pour conséquence : le manque total d’hygiène publique et de propreté. Il faut ajouter à cela la quasi-inexistence des infrastructures de base : Eau-Electricité- Hôpitaux- Routes.

Le lit du virus donc est le sous-développement socio-économique selon cet auteur. La déliquescence des systèmes de santé publique dans ces pays africains selon lui a exacerbé la gravité de l’épidémie.

A titre d’exemple, en Guinée, sur toute l’étendue du territoire il n’y en a pas un hôpital public qui répond aux normes internationales ! Depuis 56 ans l’Etat guinéen n’a pas construit un Centre Hospitalo-Universitaire, où la médecine est enseignée et pratiquée « dans les règles de l’art. » Les deux Centres Hospitalo-Universitaires sont des vieux hôpitaux coloniaux qui sont rafistolés de toutes parts.

Le Liberia de son coté, un des trois pays les plus touchés, ne comptait ainsi que 50 médecins pour une population de 4,3 millions d’habitants avant la flambée épidémique, et de nombreux employés du secteur de la santé ont succombé à la maladie.

Ces pays la sont confrontés à de grands défis pour leur survie, l’épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola touche tous les secteurs de la vie quotidienne : les services de santé sont paralysés, les entreprises ferment, les hôtels sont vides, le commerce import-export est frappé de plein fouet, le maigre pouvoir d’achat moyen est durement touché, bref, il y a un vrai risque d’effondrement de ces économies qui déjà sont des Etats faillis. Il faut dire que le nombre de décès du virus Ebola dépasse les 4000 ces derniers jours avec environ 4 à 7 décès par jour selon les dernières informations de la Croix-Rouge internationale rapportés par la chaine ABC.

Etablir un lien entre le sous-développement et la fièvre Ebola c’est un peu interpeller note propre société qui elle aussi, n’est pas trop différente de ces pays africains touchés, en termes de niveau de vie, d’infrastructures et niveau d’éducation. Un pays aussi fragile qu’Haïti doit se préparer davantage pour faire face à cette fièvre si elle arrive, et lutter contre d’autres épidémies comme le cholera qui fait encore des morts notamment dans le plateau central. Tout ceci doit passer par le renforcement de nos structures et notre personnel sanitaire sans oublier l’obligation de développer une culture de propreté et d’hygiène. Ce n’est pas un travail du jour au lendemain, mais une construction permanente pour la sante des haïtiens et la sante de l’économie haïtienne également. Car les conséquences économiques sont énormes, non seulement pour nos échanges commerciaux avec les importations de produits, notre secteur touristique, mais également pour toute notre vie sociale.

Etzer Emile, M.B.A

Economiste

Radio Vision 2000

etzeremile@gmail.com

Source : http://radiovision2000haiti.net/public/haiti-economie-liens-etroits-entre-le-virus-ebola-et-le-sous-developpement/

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