Haïti – Économie : Note sur la Politique monétaire de la BRH (octobre-décembre 2014)

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La « Note sur la Politique Monétaire » publiée par la Banque de la République d’Haïti (BRH), analyse les développements récents observés dans l’économie haïtienne. Son objectif est de renseigner le public sur l’orientation de la politique monétaire, de rendre compte des dernières décisions prises par les autorités et de dégager les perspectives à court terme pour l’économie nationale.

« VUE D’ENSEMBLE :
Le premier trimestre de l’exercice 2014-2015 [octobre à décembre 2014] s’est achevé dans un environnement national caractérisé par la reprise de l’inflation et de fortes tensions sur le marché des changes. Cette situation est principalement tributaire du déséquilibre observé au niveau de la situation des finances publiques. Il s’en est suivi un financement monétaire relativement important, favorisant ainsi une élévation du niveau de liquidité dans le système bancaire au début des trois premiers mois de l’exercice 2015. Face à cette conjoncture, la Banque Centrale a resserré davantage les conditions monétaires par le relèvement, à deux reprises, des taux d’intérêt directeurs et l’augmentation de l’encours des bons BRH. Ce nouveau resserrement de la politique monétaire s’est également accompagné des interventions directes sur le marché des changes afin d’injecter des dollars dans l’économie et par conséquent, atténuer les tensions sur le change. Ces décisions ont été prises dans un contexte international favorable, d’un statu quo au niveau de la politique monétaire implémentée dans les pays partenaires et la baisse continue des cours du pétrole et des produits de base. De même, au niveau de ces pays, la reprise de l’activité économique s’est poursuivie. En effet, les États-Unis et la République Dominicaine ont affiché des taux de croissance supérieurs à 3% jusqu’au mois de septembre 2014 et les prévisions pour la fin de l’année semblent augurer une tendance similaire. L’évolution favorable des activités économiques chez nos partenaires s’est traduite par la poursuite du mouvement d’augmentation des transferts privés sans contrepartie.

En termes d’implication, la masse monétaire M3 a augmenté en raison de l’accroissement des créances sur l’État. Les crédits en dollar ont poursuivi leur augmentation pendant que ceux libellés en gourdes ont diminué, tous deux à des proportions moindres qu’au trimestre précédent. Avec la hausse des taux directeurs, les prêts interbancaires se sont accrus de 50%, à des taux moyens de 6,15% contre 2,25% un an plus tôt. Mis à part le taux de dollarisation du crédit relativement élevé et tenant compte du risque de change qui peut engendrer des problèmes, le secteur bancaire demeure sain et solide au regard des indicateurs de suivi et de performance internationaux.

II. L’ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE SOUS-JACENT À LA POLITIQUE MONÉTAIRE :
Au cours du premier trimestre 2015, l’environnement économique international a été marqué par le renforcement de la croissance économique chez nos principaux partenaires commerciaux, l’évolution modérée de l’inflation et le maintien du statu quo en termes de décisions de politique monétaire. À cela, sont ajoutés le léger recul des prix des produits de base et la baisse accélérée des cours du pétrole. La reprise aux États-Unis s’est raffermie avec une croissance de 3,5% en septembre 2014. Ce dynamisme de l’économie américaine a favorisé une amélioration de la situation de l’emploi et en novembre, le taux de chômage a atteint 5,8%, soit son plus bas niveau depuis août 2008. Par ailleurs, le taux d’inflation reste contenu à moins de 2% depuis juillet 2014. De ce fait, la Fed a décidé de garder inchangés ses taux directeurs compte tenu de l’amélioration de la situation du marché du travail et du faible niveau général des prix.

Sur les deux premiers mois du premier trimestre 2015, l’inflation en République Dominicaine a connu une décélération après avoir crû de 20 points de base en septembre 2014. Chiffré à 2,53% en septembre 2014, l’inflation annuelle a atteint 2,44% et 2,30% respectivement en octobre et novembre. Face à la stabilité des prix et du cadre macroéconomique, la Banque Centrale dominicaine a maintenu sa politique accommodante en gardant son taux directeur à 6,25%.

Sur le marché international, les prix des produits de base ont enregistré un léger repli. L’indice FAO des prix des aliments s’est établi en moyenne à 192,6 points en novembre 2014, soit un niveau quasiment inchangé par rapport à octobre (192,7 points), mais en baisse de 6,4% par rapport à novembre 2013. En ce qui a trait aux cours du pétrole, la baisse entamée depuis le mois de juin 2014 s’est poursuivie. Au 19 décembre 2014, le prix du baril de Brent est tombé à 60,21 dollars contre 87,27 et 78,44 dollars respectivement pour les mois d’octobre et de novembre. Cette diminution des prix résulte d’un effet conjugué de la baisse de la demande mondiale et de l’augmentation de l’offre. En effet, une réduction de la dépendance des États-Unis par rapport au marché mondial du pétrole a été enregistrée avec l’extraction de près de 9 millions de barils par jour du gaz de schiste dans l’état américain du Dakota. À cela s’ajoute le maintien de la production journalière inchangée des membres de l’OPEP à 30 millions de barils, favorisant ainsi l’accroissement de l’offre.

Sur le plan interne, les données projetées des principaux indicateurs trimestriels de conjoncture et celles disponibles sur la production agricole témoignent d’une évolution mitigée de l’activité économique et de l’offre globale pour le premier trimestre 2015. En effet, l’Indice de la Production Industrielle (IPI) et celui de l’Activité de Construction (IAC) devraient connaitre une baisse de 0,7% et 1,5% respectivement sur les trois premiers mois de l’exercice fiscal en cours contre des taux de croissance positifs de 4,3% et 1% au trimestre précédent. De même, le rythme de progression de l’indice de l’activité commerciale devrait ralentir de 2,7 points de pourcentage pour atteindre 2%. Toutefois, l’Indice de la Production d’Énergie Électrique (IPEE) a crû de 6,3% sur base trimestrielle, enregistrant ainsi son meilleur taux de croissance depuis le deuxième trimestre de l’exercice 2013.

Au niveau du secteur agricole, les informations de la CNSA font état d’une contraction de la production agricole au premier trimestre 2015 en raison d’une mauvaise répartition pluviométrique et du front froid qui a traversé le pays au cours du mois de novembre dernier. Cette situation a affecté l’offre de produits alimentaires locaux, lesquels ont un poids assez important dans le panier de consommation de la ménagère (banane, riz, etc.). Parallèlement, la demande de ces produits ainsi que celles des autres biens et services augmentent généralement au cours de la période festive de fin d’année.

L’évolution contrastée de l’offre et de la demande globales s’est reflétée dans la poursuite de la hausse de l’inflation entamée depuis le mois de juin 2014, amplifiée par l’effet de la révision des prix des produits à la pompe au début du trimestre 2015. En effet, l’inflation annuelle s’est établie à 6,2% en novembre, soit un niveau supérieur de 0,9 et 2,8 points de pourcentage par rapport au taux d’inflation observé respectivement au trimestre précédent et au mois de novembre 2013.

Au niveau du secteur externe, les données disponibles au mois d’octobre 2014, indiquent une détérioration de 9,2% de septembre à octobre 2014 du déficit de la balance commerciale dont le solde s’est chiffré à 246,5 millions de dollars ÉU. Ceci est dû à une progression plus prononcée des importations par rapport à celle des exportations. En effet, les importations, avec une valeur de 339 millions de dollars, ont progressé 6,6% par rapport à septembre 2014 alors que les exportations ont relativement stagné en octobre 2014 pour s’établir à 92 millions de dollars. Toutefois, les transferts privés sans contrepartie ont crû de 8,1% par rapport à la même période de l’exercice antérieur pour totaliser 231,1 millions de dollars ÉU pour les deux premiers mois de l’exercice 2015.

La détérioration du déficit de la balance commerciale caractérisée par l’augmentation des importations conjugué à la liquidité créée par la hausse du financement monétaire en octobre 2014, a contribué à une augmentation de la demande de devises et ont généré de fortes tensions sur le marché des changes au premier trimestre 2015. Conséquemment, le taux de change a enregistré une variation positive relativement élevée. En effet, il est passé de 45,5577 gourdes en septembre 2014 à 46,7517 gourdes pour un dollar au 23 décembre, entrainant une dépréciation de 2,6% de la monnaie locale pour le trimestre sous revue. Il convient de préciser que les pressions sur le change ont été plus importantes au cours de la période allant de la dernière semaine du mois de novembre et la première semaine de décembre, où la gourde s’est dépréciée de plus de 1,7%. Face à cette perte accélérée de valeur de la gourde, les autorités monétaires ont procédé à des interventions sur le marché des changes, lesquelles se sont traduites par des ventes nettes de devises à hauteur 35,35 millions de dollars. Cela a permis d’éponger un montant de plus de 1,66 milliard de gourdes en termes d’excédents de liquidité. En dépit de ces interventions sur le marché, la BRH a pu garder un coussin de réserves internationales confortable, évalué 999,85 millions de dollars au 24 décembre 2014, un niveau légèrement inférieur par rapport au trimestre précédent.

Le déséquilibre observé entre le rythme d’exécution des dépenses et le taux de croissance des recettes au cours du trimestre précédent a débouché sur un financement monétaire élevé au début l’exercice fiscal 2015, soit 6 459,46 millions de gourdes en octobre 2014.

Face à cette situation, le Ministère de l’Economie et des Finances a implémenté un ensemble de mesures dans le but d’augmenter les recettes et de réduire le niveau des dépenses au cours du premier trimestre 2015. Ces dernières ont consisté en l’émission de nouvelles plaques d’immatriculation, au renforcement de la déclaration de l’impôt sur le revenu, à la diminution de la subvention des produits pétroliers et de certaines dépenses de fonctionnement de l’Administration publique. En conséquence, les recettes ont totalisé 12 017,12 MG au 17 décembre 2014, en hausse de 4,8% en variation trimestrielle alors que les dépenses ont baissé de plus de 33% par rapport au trimestre précédent pour atteindre 12 514,7 MG. Il en est ressorti un déficit budgétaire courant de 497,6 millions de gourdes contre 7,42 milliards de gourdes un trimestre plus tôt, favorisant ainsi une réduction du financement monétaire durant le trimestre de plus de 64%. En effet, le financement monétaire est passé de 5,3 milliards de gourdes à 3,23 milliards au 17 décembre 2014.

III – LES DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU PREMIER TRIMESTRE 2015 :
L’objectif principal de la politique monétaire à la Banque de la République d’Haïti est la préservation de la stabilité des prix afin de sauvegarder la valeur interne et externe de la monnaie nationale. Au cours du premier trimestre de l’exercice 2014-2015, la conjoncture économique nationale a été marquée par la poursuite de la hausse de l’inflation et de fortes tensions sur le marché des changes. Ces évolutions traduisent, entre autres, l’existence d’un excédent de liquidité dans le système bancaire en liaison avec une expansion considérable du financement monétaire à la fin de l’exercice écoulé. Ce gonflement du financement monétaire a résulté de l’apurement d’arriérés envers des fournisseurs de services avant la fin de l’exercice fiscal 2014. Ainsi, le Trésor public a procédé à une émission exceptionnelle de billets de trésorerie pour lever les fonds nécessaires à l’atteinte de cet objectif. Il s’ensuit que la majorité des firmes concernées ont gonflé la demande de devises face à une offre un peu atone sur le marché local des changes.

Au regard de cette situation, lire la suite sur haitilibre.com

Source : http://radiovision2000haiti.net/public/haiti-economie-note-sur-la-politique-monetaire-de-la-brh-octobre-decembre-2014/

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