Histoire d’un confiné

Quand Tristan Bernard nous dit : « Je n’ai jamais aimé apprendre l’Histoire, mais cet embêtement n’est rien à côté de l’obligation de la vivre »,
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Histoire d’un confiné
Quand Tristan Bernard nous dit : « Je n’ai jamais aimé apprendre l’Histoire, mais cet embêtement n’est rien à côté de l’obligation de la vivre », c’est notre consolateur de confinement, le camarade de chambrée que nous assigne la tempête. Nous voilà acteurs de l’Histoire tempétueuse. Arrimés à la bulle de liberté que nous laissent les restrictions, craignant que cela n’empire. En contemplant Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, porte-parole des autorités, lire les défaites inavouables. Jérôme Salomon ânonne gestes-barrières, héroïsme des soignants, guerre totale, lueurs d’espoir, replis stratégiques. Il détaille les annonces du comité central, rebaptisé conseil scientifique, dont Didier Raoult vient de démissionner.

Quelle Histoire vivons-nous ? La télévision ronronne. Le ronron bureaucratique de Salomon. Le ronron bonasse de Cymès qui remue le souvenir du temps lontan des niaiseries carabines, lesquelles nous masquent l’hécatombe. Voilà les EHPAD où les vieux tombent comme des mouches, sans nous faire comprendre que c’est là que ça se passe, là où l’on crève étouffé, dans l’abandon des statistiques, soulagé dans le meilleur des cas par une morphine délivrée en douce.

Quelle Histoire partageons-nous ? Sur les réseaux sociaux, pour nous évader, nous nous gaussons de nos autorités, leurs masques, leurs tests, leurs tromperies. Vous avez entendu celui-ci, qui veut nous envoyer cueillir les fraises, quand d’autres font décoller les drones pour surveiller qu’on se calfeutre bien ?  Et celle-là, qui veut nous envoyer au turbin, 60 heures par semaine, y compris le dimanche, sans rouspéter ? Que de lois liberticides ! Seront-elles oubliées, la crise sanitaire passée ?

Quelle Histoire écrivons-nous à La Réunion ? Entre marchés forains fermés mais finalement ouverts aux producteurs. Entre confinement obligatoire mais Ravate rouvre ses portes. Entre masques arrivant larga manu, moisis d’une pourriture peu ragoutante. Entre croisiéristes invités à ne pas débarquer quand les « de retour au Péi » arrivent par cargaisons avionnesques du virus plein les valises. Entre hospitaliers qui pleurent la misère de leurs équipements et ARS qui impose 14 jours de quarantaine volontaire quand l’incubation surfe au-delà de 20 jours. Incohérence sinon amateurisme, incompétence ou connerie…

Quelle Histoire veut-on nous mentir ? Tous les deux jours, apparaissent les deux dirigeants suprêmes. Ils mentent comme des arracheurs de dents, nous le savons, pour cacher la misère scandaleuse de nos stocks, misère organisée, eux et tous leurs prédécesseurs, en soumettant l’hôpital aux lois du management. Mais ils ne mentent pas pareil. Nous sommes prisonniers : Numéro 2 ment solide, concret, appliqué, crédible, familier, rassurant, fait la part des choses. Numéro 1, notre Lider Maximo, n’ose nous regarder. Se perd en promesses inaudibles. Court derrière un texte qui détruit son catéchisme libéral. S’épuise en répétitions inaudibles, à côté de la plaque. Et pendant ce temps, le virus court toujours…Nous ne sommes pas des numéros. Bonjour chez vous !

http://aid97400.re
Inspiré du « Matinaute », rubrique d’@si


www.zinfos974.com

Source : https://www.zinfos974.com/Histoire-d-un-confine_a151714.html

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