Ils paient pour des maisons en kit mais n'en voient jamais la couleur

Ils paient pour des maisons en kit mais n'en voient jamais la couleur
Ils paient pour des maisons en kit mais n'en voient jamais la couleur
Un séjour au Marriott Hotel de Bucarest à 5000 euros, des vacances dans un chalet en Isère à 3500 euros, du sponsoring vélo pour 17000 euros… ce couple de Saint-Leu a mené grand train avec l’argent de ses clients. Des clients qui ont fait confiance à Alain D., 63 ans, à travers sa société AD Concept Bois puis Concept Eco Bois pour construire leur maison, l’investissement de toute une vie.

Ce jeudi devant le tribunal de Saint-Pierre, cinq victimes ont tenu à faire le déplacement ou à se faire entendre par le biais de leur avocat, d’autres trop meurtries ne veulent plus entendre parler du prévenu. Dans cette histoire, elles ont tout perdu. 

« Alors ou va l’argent ? »

Via AD Concept Bois, Alain D. fait venir des maisons en bois en kit des pays de l’Est de l’Europe et parvient ainsi à afficher des prix défiant toute concurrence, attirant ainsi le client. Pendant deux ans, le gérant parvient à livrer les matériaux malgré des malfaçons mais assure ses commandes. A partir de 2015, les écritures comptables ne mentent pas, Alain D. encaisse l’argent mais pas de maison à l’horizon pour les clients ou, pour les plus chanceux, livrées aux trois quart. Les versements se font en trois fois, variant de 75.000 euros à plus de 110.000 euros.

Pas de salariés, le loyer n’est pas payé, « alors ou va l’argent ? », a interrogé la présidente du tribunal. « Dans la société et pas dans ma poche », a assuré, hier, Alain D.. Le problème c’est que le prévenu confond les comptes de sa société avec le sien et celui de sa femme. « Je ne savais pas » a-t-il tenté de se justifier, déjà condamné pour abus de confiance par le passé.

Outre des retraits en liquide dont on ne sait la destination, le prévenu poursuivi pour abus de biens sociaux de 2015 à 2018 et banqueroute, versait d’importantes sommes d’argent sur le compte de sa femme, accusée de recel de bien.  « Je n’ai aucun regard sur ses comptes, il n’a aucun regard sur mes comptes, je lui rendais service », a expliqué cette professeur d’EPS qui a attesté réinjecter l’argent perçu dans l’entreprise. Détournement de l’actif, comptabilité irrégulière…AD Concept Bois finit par être placée en redressement judiciaire et être liquidée en mai 2017. 

Une affaire qui « frôle l’escroquerie »

Afin d’obtenir réparation, les parties civiles ont demandé la requalification en recel d’abus de confiance « compte tenu du préjudice des victimes jamais réparé puisque rien n’est au nom de monsieur ». A cela s’ajoute la culpabilité que portent les victimes de « s’être fait avoir » contrairement aux prévenus, a souligné le conseil de l’une d’entre-elles.

« Les procédures judiciaires étant aussi pour les cols blancs », a rappelé le parquet, dans une affaire qui « frôle l’escroquerie », deux ans de prison dont six mois de sursis et deux ans de mise à l’épreuve ont été requis. Le procureur a également demandé une amende de 30.000 euros, l’indemnisation des victimes et l’interdiction de gérer définitive une activité en lien avec l’immobilier. 

A l’encontre de sa femme, un an de sursis, 30.000 euros d’amende et la confiscation de son bien immobilier ont été requis.

« A une réquisition populiste, je ne vais pas opposer une plaidoirie populiste », a lancé le conseil de l’épouse. « Le fait que l’argent transite sur son compte bancaire ne suffit pas à caractériser le recel d’abus de biens sociaux selon une jurisprudence du tribunal de Saint-Pierre », a défendu l’avocat qui a plaidé pour une amende, « suffisante à indemniser les victimes ». 

Pour l’avocat d’Alain D., à ses difficultés de gérer, il faut prendre en compte les difficultés rencontrées par son fournisseur. 

Le verdict a été mis en délibéré pour le 17 octobre prochain. 


www.zinfos974.com

Source : https://www.zinfos974.com/Ils-paient-pour-des-maisons-en-kit-mais-n-en-voient-jamais-la-couleur_a144306.html

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