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La fin du droit du sol à Mayotte déchaîne les passions politiques

Déjà controversée, la révision constitutionnelle annoncée ce dimanche par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outremers, et destinée à supprimer le droit du sol à Mayotte est favorablement accueillie par les élus politiques de l’île aux parfums, mais divise dans l’Hexagone.

Gérald Darmanin est « un homme d’action pragmatique » selon Mansour Kamardine, député Les Républicains de la circonscription de Mayotte. En annonçant que l’exécutif intégrerait à un projet de révision constitutionnelle la fin du droit du sol pour les personnes nées à Mayotte de parents étrangers, le ministre de l’Intérieur et des outre-mer a fait droit à « une mesure demandée depuis des années par les élus de Mayotte », salue le parlementaire. Mais cette révision constitutionnelle reste conditionnée à l’aboutissement d’une procédure stricte. En effet, elle « devra passer par le vote des trois-cinquièmes du parlement », réuni en Congrès, a souligné Estelle Youssouffa, député de la 1ère circonscription de Mayotte. Après l’annonce, l’élue a de son côté déclaré qu’elle espère « démasquer les postures politiciennes des uns et des autres », voire « identifier les vrais faux amis de Mayotte ». « Il va falloir voter dans le bon sens parce que c’est la demande de toute la population et de tous les élus au-delà de toutes les lignes partisanes à Mayotte », a-t-elle ajouté.

Pour le sénateur Thani Mohamed Soilihi, l’annonce du ministre suscite forcément des questions. « La levée du droit du sol va intervenir dans quels délais ? Avec quelle majorité au parlement, voire au Congrès ? Quel serait son effet sur l’afflux massif de migrants, quand on sait que la modification législative de 2018 réfutant le droit du sol à plus de la moitié des naissances à Mayotte depuis 2013 n’a pas été rendue dissuasive ? », constate le sénateur sadois, qui s’interroge sur la rétroactivité ou non de la loi. « Je ne peux pas me positionner tant que je n’aurais pas des réponses à ces questions et à bien d’autres. »

La gauche opposée

Un travail de lobbying est déjà évoqué car, depuis l’annonce de cette mesure radicale, les réactions se multiplient dans le monde politique en France hexagonale. A gauche, le président du groupe des socialistes à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, a été un des premiers à monter au créneau. « Le droit du sol est déjà plus dur à Mayotte que dans le reste du territoire français. Ça n’a pas produit l’effet escompté », déplorait-il sur France Inter ce lundi matin.

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, considère que le sujet a été déplacé. « Les Comores ont une responsabilité pour maîtriser la fuite de leurs populations, mais aussi qu’on les aide pour participer d’un co-développement. La situation, elle, ne sera pas simple. À mon avis, il faut travailler sur tous ces sujets en même temps », a fait valoir le député sur Europe 1. Et d’ajouter : « Je crois que pour résoudre les problèmes de Mayotte, on n’a pas besoin de moins de République, on a besoin de plus de République et donc certainement pas le fait d’entamer le droit du sol qui est un des piliers fondamentaux de notre République ».

Sur X (ex-Twitter), l’eurodéputée La France insoumise Manon Aubry abonde : « la Macronie attaque la conception même de la nationalité », après avoir « brisé le tabou de la préférence nationale ».

Une mesure réclamée par la droite et l’extrême-droite

Pour Éric Ciotti, président du parti politique Les Républicains, « la chorégraphie reste inchangée depuis 2017 ». Il se justifie, détaillant les « conditions particulières » de l’annonce du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer : « le ministre de l’Intérieur annonce aussi la fin des visas territorialisés à Mayotte et ouvre les portes de la métropole aux détenteurs d’un titre de séjour sur l’archipel ».

« C’est un bon début puisque ça fait maintenant vingt ans que nous réclamons la suppression du droit du sol pour l’intégralité du pays. On progresse, mais je crains que la situation soit extrêmement mal engagée. Gérald Darmanin est venu à Mayotte constater l’échec de sa propre politique », jauge quant à lui le président du Rassemblement national, Jordan Bardella.

« Mayotte, c’est le miroir grossissant et en accéléré de la France métropolitaine », commente sur France 2, Éric Zemmour, le président de Reconquête!, lui aussi favorable à la suppression du droit du sol pour tout le territoire et pas seulement Mayott

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