Le blanchiment de l’argent de la drogue dans le viseur des autorités

La troisième opération contre les trafics de stupéfiants en Polynésie, qui s’inscrit dans le cadre du plan zéro délinquance adopté par le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, s’est déroulée du 27 juin au 8 juillet à Tahiti et dans les îles. Durant ces dix jours, ce sont près de 80 gendarmes qui ont quotidiennement opéré sur les cinq axes désormais connus du plan antistupéfiants mis en place par le commandement de la gendarmerie : le contrôle des flux routiers, la destruction des plantations, le harcèlement des points de deal, le démantèlement des réseaux et les cyberinvestigations. Sur le plan judiciaire, 191 personnes ont été mises en cause pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et 30 d’entre elles ont été placées en garde à vue.
Lors d’un contrôle routier qui a eu lieu vendredi matin à Faa’a, le haut-commissaire de la République, Éric Spitz, a tenu à revenir sur le fait qu’il n’y a pas de “différence” entre les drogues dures et les drogues douces. “Ces drogues que l’on appelle douces à tort entraînent toute une série de conséquences. À commencer par les accidents de la route puisque l’on en a eu cinq dus à ces drogues depuis le début de l’année. Il y a aussi les violences intrafamiliales, les suicides, l’échec scolaire et, surtout, ceux qui amassent de l’argent avec des drogues douces se constituent un capital pour acheter de l’ice. À partir de ce moment-là, la société est en danger dans la mesure où il faut recycler cet argent.”
Également présent lors de ce point presse, l’avocat général et procureur par intérim, Jacques Louvier, a quant à lui tenu à rappeler que la lutte contre le trafic de stupéfiants, qui est l’une des causes principales de la “délinquance” et des “problèmes de santé mentale”, était toujours l’une des priorités du ministère public en Polynésie française. Il a par ailleurs salué les “objectifs atteints par la gendarmerie” dans le cadre de cette opération.
Vente de drogues sur les réseaux
Lors de cette conférence de presse, le commandant en second de la gendarmerie pour la Polynésie française, le colonel Xavier de Bonviller, a d’ailleurs indiqué que lors de cette troisième opération antistupéfiants, les gendarmes avaient fermé “trois sites internet qui proposaient des stupéfiants dont deux étaient sur le darknet et un sur Facebook avec 17 000 abonnés”. “Lors de la dernière opération, nous avions déjà fermé deux sites et l’on voit bien que c’est une pratique qui tend à se répandre”, a poursuivi le colonel de Bonviller avant d’assurer que la gendarmerie allait continuer son “action” de lutte contre le trafic de stupéfiants dans toutes ses composantes.
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