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Le branle-bas de combat au centre hospitalier

Le service des urgences du centre hospitalier de Mayotte (CHM) tourne avec quatre médecins de jours et trois médecins de nuit, se défend la direction dans un communiqué, ce mercredi. Insuffisant selon des médecins en question.

« La direction du centre hospitalier de Mayotte tient à démentir fermement les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant une prétendue absence de médecins aux urgences due à des démissions et des arrêts maladie », communique le centre hospitalier de Mayotte, ce mercredi 29 mai. Mais elle note aussi à peine quelques lignes en-dessous « un contexte de ressources humaines tendu ». Si le service des urgences compte quatre médecins de jour et trois médecins de nuit selon la direction, des soignants ont dénoncé un « chaos absolu » dans un article publié vendredi par le quotidien Libération. Une source du journal national évoque notamment le départ, ces derniers mois, de « la quasi-totalité des titulaires » des urgences, et des remplaçants « qui ne veulent plus venir ».  Selon le directeur de cabinet de l’hôpital, Mohamed Zoubert, cité dans l’article, c’est même une « vingtaine de titulaires » qui seraient nécessaires au bon fonctionnement des urgences. Le principal lanceur d’alertes soutient même que « des décès auraient pu être évités. »

L’un des exemples repris dans l’article et confirmé par nos sources étant l’accident de la route à Kahani, dans la commune de Combani. Le 1er mai, un choc frontal entre plusieurs véhicules a fait un mort et sept blessés. Au lieu d’un médecin urgentiste, c’est un médecin généraliste qui est intervenu sur les lieux, faute de mieux. Dans les centres de soins, la pression se ressent aussi. Un médecin d’un dispensaire nous assure, par exemple, « au-delà des refus de transferts de patients, se restreindre nous-mêmes dans les transferts », par peur d’une « mauvaise prise en charge » ou minimale.

« Une vengeance », contrecarre le directeur du CHM

Dans un contexte « d’épidémie » de choléra (122 selon le dernier bilan de l’Agence régionale de Santé ce lundi) et la mort d’un deuxième patient atteint de la maladie, le directeur du CHM, Jean-Mathieu Defour, a déclaré à Mayotte La 1ère, lundi 27 mai : « elle était venue une première fois urgences et avait été renvoyée chez elle parce que son état à ce moment-là n’entrait pas dans les critères », expliquant également qu’une enquête interne est en cours, concernant ce cas, à Cavani, et la petite fille décédée à Koungou. Quant à l’article de Libération, il pointe « une vengeance entre guillemets » du témoin anonyme. « Nous avons réorganisé le service des urgences depuis une crise née il y a deux ans, due au non-respect du temps de travail par certains médecins », poursuit l’interrogé, qui y verrait la cause de ces dénonciations.

Le CHM attend encore la venue de médecins et infirmiers de la réserve sanitaire. Mais sans savoir encore si une partie du personnel mobilisé rejoindra le service des urgences en sous-effectif.

 

La députée Estelle Youssouffa annonce (un peu vite) le départ de la cheffe des urgences

Au sortir d’une réunion de travail avec le ministre délégué chargé de la Santé, Frédérick Valletoux, et les parlementaires sur les deux projets de loi Mayotte (ordinaire et constitutionnel), la députée de Mayotte Estelle Youssouffa a annoncé sur Facebook que « la cheffe des urgences s’en va ». Contacté, le service communication du centre hospitalier de Mayotte informe que la concernée, Alimata Gravaillac, a démissionné de son poste de cheffe de service aux urgences mais « est toujours cheffe du pôle Urgences samu évasane caisson hyperbare (Usec) ». Pour le reste, le service dit ne pas avoir encore reçu de « retour formel » de cette réunion. La députée explique que différents thèmes y ont été évoqués : les évasan (évacuations sanitaires), l’application du code de la sécurité sociale, les mesures d’attractivité du territoire pour les soignants, « la nécessité de prendre des mesures urgentes pour le choléra »,… Une autre réunion avec le ministre serait prévue « dans les prochaines semaines », indique-t-elle.

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