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Les indicateurs au cœur des débats

Certains prévenus du dossier des braqueurs de coffres-forts se sont révélés être des informateurs du SDIG (ex-RG) ou de la Police de l’air et aux frontières (PAF). Le Procureur de la République promet de la rigueur.

Maître Kamardine a fait surgir le débat lors du procès des braqueurs de coffres-forts

Maître Kamardine a fait surgir le débat lors du procès des braqueurs de coffres-forts

En marge de l’affaire des braqueurs de coffres-forts, la situation des indics de Mayotte s’est à nouveau invitée dans les débats de la cour d’Assise ce mercredi. Mardi, c’était en effet le grand déballage devant la cour. Le juge d’instruction Hakim Karki avait révélait que le nombre d’informateurs du SDIG (ex-RG), du GIR ou de la PAF était « extrêmement important » dans le département. Il s’étonnait également de « l’amateurisme » de la gestion de ces personnes dénonçant une organisation pyramidale : des informateurs seraient ainsi en position de « chefs » sur d’autres qu’ils recruteraient dans un système pyramidal où tout le monde se connaît.

Accessoirement, on apprenait aussi que les services de renseignements avaient monté des opérations jusqu’en Grèce via l’Egypte pour démanteler des réseaux de migrants clandestins.

Le procureur Joël Garrigue a repris le sujet dès le début de son réquisitoire ce mercredi, dans une sorte de préliminaire solennel, où sa fonction de Procureur de la République supplantait son strict rôle d’avocat général lors d’un procès : « Pour qui s’intéresse à la littérature et au cinéma, la guerre des polices est un sujet très souvent utilisé », commençait-il. « A Mayotte, on nous a servi depuis deux jours, une version au rabais, la guerre des indicateurs. »

L’indicateur reste un mal

« L’indicateur est un mal nécessaire », précisait-il, parce qu’il fournit des renseignements recueillis auprès de délinquants. Mais, pour le Procureur, « les indicateurs, ça reste un mal » parce qu’ils trahissent la confiance de ceux qui leur parlent et « parce que leur motivation n’obéit jamais aux intérêts de l’Etat, ni même à l’affirmation de la vérité ». Il ne vise qu’un seul objectif, la satisfaction de leur intérêt personnel et en l’occurrence, l’obtention de papiers en règle.

Joël Garrigue a rappelé que le parlement est intervenu pour « savoir comment traiter ces indicateurs ». Il s’agit de faire preuve « d’une rigueur extrême car la manipulation n’est jamais loin. Manifestement, en 2011, la rigueur a manqué dans les services de gendarmerie et de police », dénonçait le Procureur. « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ça ne se renouvelle pas tant que je serai procureur de la République. »

En écho à l’intervention du Procureur, Maître Kamardine, qui avait surgir le sujet dans les débats, semblait parler au nom de tous les avocats en affirmant que « nous souhaitons qu’on crève définitivement l’abcès des indics » qui, pour lui, salissent la justice et le travail des forces de l’ordre à Mayotte.
Le débat semble effectivement bel et bien lancé.
RR

Source : http://lejournaldemayotte.com/2014/03/les-indicateurs-au-coeur-des-debats/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-indicateurs-au-coeur-des-debats

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