Accueil » Mayotte » Mayotte actualités » Municipales : le mélange des genres

Municipales : le mélange des genres

Les élections viennent de se conclure sur une bonne implication des électeurs. Peu de maires ont été reconduits, qu’ils aient été bons ou mauvais. Les listes présentes traduisent un manque de lisibilité des acteurs politiques en présence. Plusieurs communes risquent de subir des recours à répétition.

Dépouillement à Koungou

Dépouillement à Koungou

Si en métropole, la faible participation souligne la désertion des électeurs de gauche, plus encore qu’une victoire de la droite, à Mayotte les conditions ne sont pas les mêmes : on ne peut pas dire que les conditions météorologiques aient freiné les déplacements vers les urnes. 70% des électeurs ont donc participé au deuxième tour des élections municipales. C’est la première leçon à tirer : les habitants du 101ème département savent se mobiliser quand il le faut.

Deuxième enseignement : émergent à la fois les partis constitués comme l’UMP présente dans la plupart de communes, et à la fois les listes de fusion ou d’union qu’on peut résumer par le « tout sauf »… Un mélange des genres. Le PS sort grand perdant en ne remportant qu’une commune, et trois en alliance, pour n’avoir pas fédéré de listes à la mode de l’UMP qui règne sur 5 communes, 7 même en comptant les dissidences.

Quatre maires sortant ont été reconduits : Hanima Ibrahima (Roukia Lahadji) à Chirongui, Soihibou Hamada à Dembéni, Assani Saindou Bamcolo à Koungou et Ali Ahmed-Combo à Ouangani.

La plus grosse surprise est venue de l’éviction, sèche, du maire sortant de Tsingoni, Ibrahim Boinahery (MDM), également président de l’association des maires, que son adversaire Bacar Mohamed (UMP) écrase avec 60% des suffrages. Les villages alentours de Tsingoni pourraient avoir fait la différence. C’est d’ailleurs une donnée générale de l’île : les villages se voient comme concurrents au sein d’une même commune et réclament un maire issu de leur territoire…

Autre défaite inattendue, celle du maire sortant de Bandraboua, Fahardine Ahamada (PS), à la tête de la commune la mieux gérée de Mayotte. Ce n’est donc pas une donnée qui aura joué face à une fusion de liste portant Soulaimana Boura, ex membre du conseil municipal sortant, à la tête de la mairie.

Quant à Abdourahamane Soilihi, le maire de Mamoudzou, on pourra toujours dire qu’il a fait les frais des « affaires » d’emplois fictifs pour lesquelles il avait été jugé, mais c’est surtout le « tout sauf… » qui l’aura vaincu dans la commune chef lieu, avec un taux d’abstention record du département de 45%, et qui a placé une liste très macédoine Rassemblement-Ame-MDM, en tête.

A Koungou, rien n’est clair. Une liste n’a sciemment pas présenté ses bulletins au second tour pour soutenir une coalition qui pourrait, paradoxalement, mettre en minorité le maire réélu au sein du Conseil municipal. Les alliances de Raos (Parti social Mahorais), de l’UMP d’Ali Toyfati et de l’Union de Sadi Hamada et Kassim Souffou sont en cours et, si elles aboutissaient, seraient une belle démonstration de la prise en otage des voix des électeurs qui ne pouvaient s’attendre à une telle configuration.

Des pratiques qu’on aimerait révolues

Des accusations de manipulations autour des listes

Des accusations de manipulations autour des listes

Petite Terre reflète à elle seule l’échec du mouvement historique MDM (Mouvement « pour la Départementalisation » qui est devenu « pour le Développement » de Mayotte) qui ne remporte que deux mairies sur l’ensemble du territoire, Bandrélé et Mtsamboro. La présence du président du conseil général Daniel Zaidani sur la liste pouvait laisser espérer un meilleur score que les 25%, qui ont laissé un boulevard à l’ancien premier adjoint au maire Mahafourou Saidali (Génération ya Mayécha ya Pamandzi). « Le MDM a échoué lamentablement, son secrétaire Ali Mohamed doit démissionner », réclame Said Omar Oili, élu au premier tour maire de Dzaoudzi-Labattoir, et qui ne cache pas sa joie de voir ses ennemis jurés boire la tasse.

Des élections qui ne sont en réalité pas terminées. Le faible écart de voix, une seule à Mtsangamouji, 7 à Dembéni, pourrait inciter les opposants à demander un recomptage, voire lancer un recours auprès du Tribunal Administratif. C’est déjà le cas à Sada. D’autant plus que des erreurs ont été commises, comme à Dembéni où des bulletins du premier tour ont été déposés, quand ce ne sont pas des malversations, commises sous le manteau (bulletins achetés en espèces ou avec des contreparties, alcool distribué aux plus jeunes votants etc.), dénoncées en coulisses, mais qui pourraient prendre une tournure judiciaire. Encore faut-il que les victimes osent déposer plainte contre un système qu’ils pensent bien installé…

Anne Perzo-Lafond

Source : http://lejournaldemayotte.com/2014/03/municipales-le-melange-des-genres/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=municipales-le-melange-des-genres

???? Détendez-vous !

Levez les pieds et laissez-nous faire le travail pour vous. Inscrivez-vous pour recevoir les dernières actualités directement dans votre boîte de réception.

Nous ne vous enverrons jamais de spam ni ne partagerons votre adresse électronique.
Consultez notre politique de confidentialité.

Partager cet article

lejournaldemayotte
lejournaldemayotte
Voir toutes les actus

La rédaction vous recommande