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Nous importons toujours plus ce que nous mangeons

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Nous importons toujours plus de viande

Et une idée reçue supplémentaire qui vole en éclat. La Daaf nous apprend que nous n’importons pas tout ce que nous mangeons, loin de là. Nos besoins alimentaires sont couverts à 50% par la production locale. Ce chiffre nous place sur un pied d’égalité avec La Réunion dont le taux de couverture est de 53% du marché global (frais, transformé, congelé) en 2016.

Pour autant, les choses sont mal orientées, les importations continuant de progresser rapidement. Globalement, elles augmentent de 6% sur un an. Ca concerne particulièrement les volailles de chair (+15%), la boucherie-charcuterie (+14.5%), le riz (+11.4%) et les eaux de table (9.5%). Ces évolutions sont notables car la quantité de produits importés représente des volumes et des valeurs très importantes. Par exemple, les importations de produits laitiers et de fruits & légumes représentent chacune 8% des 137.8 M€ de notre import alimentaire (+6% par rapport à 2015).

DAAF La répartition des importations des produits alimentaires à MayotteLes importations montent mais la production locale reste importante, même si elle n’est pas facile à estimer. D’abord, les systèmes d’exploitation sont très diversifiés dans nos organisations de jardins mahorais. Ensuite, les rendements sont difficiles à évaluer. Enfin, la part d’autoconsommation dépasse 80% dans la majorité des exploitations. Dernier élément : les circuits de commercialisation sont très mal connus. D’ailleurs, la Daaf note qu’il est difficile de s’approvisionner en produits frais si on ne connait pas les circuits informels.

Peu de productions dans les circuits formels

Concrètement, la Daaf considère que 71.000 tonnes de fruits et légumes sont produits chaque année à Mayotte mais seulement 300 tonnes entrent dans les circuits de commercialisation formels, gérés par la COOPAC (coopérative du centre) ou les groupements de producteurs. Il en est de même dans le domaine de la pêche, où à peine 330 tonnes sur 2.500 tonnes estimées produites localement, sont vendues via les réseaux formels (poissonneries, coopératives de pêche, etc).

DAAF Taux de couverture des besoins alimentaires par la production localePour établir son chiffre de 50% de couverture du marché alimentaire par la production locale, la Daaf s’est appuyée sur les relevés que ses agents réalisent chaque semaine sur les marchés.
Elle estime la valeur de production autour de 110 à 120 M€ pour les volailles, la viande de boucherie, le lait, les œufs ainsi que les fruits et légumes. « Si on y rajoute le secteur de la pêche et de l’aquaculture, la production avoisine bien les 130 M€, soit une valeur équivalente à celle des importations alimentaires, toutes catégories confondues », estime le service.

Les productions locales peinent à suivre la demande

Problème : les productions locales peinent à suivre la demande alimentaire qui augmente. En effet, cette couverture des besoins diminue, passant de 73% en 2012 à 65 % en 2016, avec de grandes disparités.

Marché paysan Acoua fruits et légumesPour les fruits et légumes, la production locale stagne et les importations ont augmenté de 70% depuis 2012 (de 5.959 tonnes à 10.235 tonnes en 2016). La Daaf relève que « sans quitter le modèle vertueux du « jardin mahorais », il faudrait qu’il y ait une intensification écologique des cultures, grâce à un appui technique efficient, ce qui n’est pas le cas. »

Le foncier, encore et toujours

De son côté, la production d’œufs a décroché des besoins depuis 2014, nécessitant là-aussi une réaction. Quant à la production laitière, elle ne parvient pas à coller aux besoins : les trois quarts des 30 à 50 litres de lait que nous consommons chacun chaque année sont importés.

Enfin, concernant la volaille de chair, le déficit est frappant : nous en sommes entre 1 et 2,5% de couverture des besoins, alors qu’à La Réunion, la filière avicole couvre 95% des besoins en viande fraiche et 38% du marché global. Mais là-bas, l’abattage quotidien concerne plus de 50.000 volailles/jour dans l’usine de « Crête d’or ». Même si les efforts à Mayotte sont importants, avec en particulier l’usage intensif de l’atelier relais de Coconi, il est temps que les projets d’abattoir aboutissent. Il est temps aussi de parler de productivité… et de résoudre le problème du foncier, encore une fois.

RR
www.lejournaldemayotte.com

Source : http://lejournaldemayotte.com/une/nous-importons-toujours-plus-ce-que-nous-mangeons/

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