Papèj : Le président de la République jette de l’argent par la fenêtre !

Tous les indicateurs indiquent que cette architecture économique est vouée à l’échec (1). Le président de la république confie des sommes, qui auraient dû être sécurisées, à des jeunes dont le pourcentage de réussite en affaire est quasiment nul.

Le Président Martelly a fait des laveurs d’auto, ses supporteurs, des entrepreneurs en leur mettant à la main un bus sous prétexte de changer leur vie ou de leur changer de métier. Faute d’une pensée imprégnée du sens de l’Etat autour des politiques publiques, l’idée qui n’était pas mauvaise a été galvaudée en ce sens que les bus n’existent plus ainsi que le fonds de cet investissement.

À regarder la démonstration du président de la république lors de la distribution malicieuse de l’argent des patrons et des cotisants de L’ONA à des jeunes frais émoulus ayant présenté des micro projets de toutes sortes, il est à se demander si le problème de capacité intellectuelle de l’entrepreneur en bananes ne devrait pas faire l’objet d’études savantes. Après avoir raté tour à tour une usine à glace, de traitement d’eau, avoir été recalé dans un méga projet bananier, multiplié les contrats pour des projets bidons, échoué dans l’itinéraire de la caravane, son nouveau dada c’est de jeter à l’eau l’argent des contribuables devant leur assurer une retraite déjà inconfortable.

Le président de la république confie des sommes, qui auraient dû être sécurisées, à des jeunes dont le pourcentage de réussite en affaire est quasiment nul. D’ailleurs, tous les indicateurs indiquent que cette architecture économique est vouée à l’échec. Le plus crucial de ces indicateurs étant la situation chaotique de l’économie et la dégradation de l’environnement politique.

Au demeurant, quelles sont les garanties couvrant ces prêts et d’ailleurs, où, comment et quand vont-ils investir ses sommes afin de les faire fructifier et payer capital et intérêt. Si le moratoire est d’un an et les intérêts exceptionnellement bas, il est une vérité de la palisse que les sommes serviront de soupape de survie jusqu’à la fin de la crise qui mine le mandat présidentiel ou à financer un voyage vers des cieux plus cléments.

Dans un système organisé, ce genre de prêt à haut risque est engagé à perte à partir de sommes destinées à ces pratiques. Il aurait été plus intelligent d’affecter ces sommes qui pourraient se tirer des dépenses somptueuses de l’exécutif et du législatif à la métamorphose de la jeunesse en gestation à travers des micro-projets avec bien sûr une ingénierie plus affinée sur la capacité différentielle.

La valorité différentielle comme approche sélective serait beaucoup plus rentable que cette mascarade suggérée par une suite de crises insolubles et dans une économie caractérisée par une latence et un désir de déconstruction.

Il faut nécessairement contribuer par le besoin de projets innovants et adapter le capital humain aux réalités du moment. D’ailleurs la nature du progrès le commande, puisque dès qu’on agit sur les variables de manière intelligente, on diminue les risques et on augmente à défaut de profits, les chances d’évolution du mécanisme sociétal.

Formation du capital humain pour le tourisme, un exemple d’une meilleure alternative

Le président de la république aurait gagné à choisir un créneau porteur – disons par exemple le tourisme qui bat de l’aile. Il pourrait sélectionner cent cinquante jeunes qualifiés dans les langues, les arts, la culture et leur offrir pendant une durée de temps une formation adéquate comme accompagnateur touristique, investir dans ces jeunes talentueux à travers un ensemble d’infrastructures entourant les nouvelles pratiques universelles en la matière, ceci pour faire face à l’obsolescence inexorable et incongrue des habitudes locales. Ceci, afin de développer des nouveaux critères technologiques, qui puissent à défaut de concurrencer les pays de la région, augmenter la qualité de l’accueil et quantifier les méthodes de remplacement des pratiques marginales et obsolètes.

De toute manière, pour ce faire, il faut un degré de sciences que certains qualifieraient de pointu et une prise en compte des parties prenantes et des bénéficiaires. Quand le maître à penser gargarise plus qu’il ne réfléchit et que ces lacunes sont innombrables, la compréhension de l’équation économique tant dans sa lectures que dans sa résolution est quasiment impossible. L’apprentissage et les pratiques organisationnelles ne sont pas une affaire de gueule mais de cerveau. Ce n’est pas parcequ’on a reçu des sommes considérables dans des affaires douteuses pour faire du laundering qu’on est qualifié pour réfléchir sur des systèmes. Mais de l’entrepreneur à l’ingénieur et de l’ingénieur à l’économiste, il suffit de sauter le pas.

Derriere la conception et l’analyse des projets, il faut des ressources humaines qualifiées

Il y a des économistes dans la ville et je connais beaucoup d’entre eux et je profite pour les interpeller à nouveau comme élites dans leur vocation.

Un pensée à Thomas Lalime qui à travers sa rubrique des idées pour le développement a tellement prodigué de conseils au cours de ces dernières années. À Gérard Daniel Rouzier qui m’a inspiré le symposium sur la modélisation économique et les Politiques Publiques à travers son livre le pouvoir des idées. Je pense à Pierre-Richard Agénor, ancien professeur au Centre de techniques, de planification et d’économie appliquée (CTPEA) au bicentenaire (devenu zone de non-droit), aujourd’hui professeur Hallsworth de macroéconomie internationale et d’économie du développement à l’École d’études sociales de l’Université de Manchester. Il vient d’offrir au grand public son tout nouvel ouvrage intitulé : « Analyse macroéconomique et politique de stabilisation ». Il s’agit d’une œuvre d’une grande importance, publiée par les éditions françaises Economica, qui explique l’importance cruciale de la stabilité macroéconomique et financière pour l’amélioration des niveaux de vie à long terme. Je pense aussi à Daniel Dorsainvil dans ses tentatives de modéliser l’économie haïtienne, à Fritz Jean, Frederick Gerald Chery, Kesner Pharel pour ses conseils intenses depuis environ une vingtaine d’années et aux plus jeunes dont , Carly Dollin, Etzer Emile, Enomy Germain, Riphard Serrant, Emmanuela Douyon et tous ceux là que je n’aurai pas pu citer !

Les rives sont sales, il nous faut nous créer d’autres rivages ou nous pourrons réunir toutes ces valeurs à construire un modèle économique propre à nos réalités en vue de meilleures perspectives économiques pour la population haïtienne.

(1) Patrice Michel Derenoncourt Ingénieur en Politique, ingénieur Civil, Avocat, Criminologue ; Un visionnaire averti

Yves Lafortune, MAP, Avocat

Designer Organisationnel

Citoyen

 

yvlafortune@gmail.com

Yveslafortune@consultationsetresultats.com

 

 

Source : https://rtvc.radiotelevisioncaraibes.com/opinions/papej-le-president-la-republique-jette-largent-la-fenetre.html

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