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« Retour à la parole sauvage » de Monchoachi

Un Art subtil de la guerre, Monchoachi nous invite à entrer dans la ronde

—Note de lecture de Mireille Jean-Gilles —

Un livre à avaler d’un seul coup vloup,
comme un sèk,
ou à déguster à petites gorgées,
tel un feu qui vous vivifie …

Retour à la parole sauvage, c’est d’abord un beau livre, une beauté épurée, presque une page blanche en guise de couverture, avec quelques très petites lettres, vertes, d’un vert sauvage, entre deux lignes, vertes, elles aussi, Retour à la parole sauvage, c’est un recueil d’essais d’une beauté profonde, plus immédiatement accessible que les poèmes de Monchoachi qui, eux, ont besoin d’obscurité pour s’épanouir, dialoguer avec l’Invisible, et dans Retour à la parole sauvage, la poésie volant la vedette à la pensée s’impose d’emblée, pure, effilée, transparente, même si le poète aurait désavoué ce mot, lui qui aime tant frayer avec l’ombre, pour in fine débusquer ce qui ne se montre pas, ne se nomme pas, ici, à la faveur d’un recueil d’essais voulu par les Editions Lundimatin, c’est encore la poésie qui apparaît, qui semble vouloir tenir la pensée en bride, Retour à la parole sauvage, c’est un retour de Monchoachi vers la prose, avec des textes inédits ou rares qui se mêlent à des textes plus connus, comme le superbe La case où se tient la lune qui, positionné à la suite du subversif Dans la glace du Temps présent, apparaît sous un jour nouveau, paré de nouveaux atours, l’agencement des textes, pour indépendants qu’ils soient, nécessite que le lecteur les lise dans l’ordre pour profiter de l’enchantement du poème, un poème c’est la rencontre d’un mot à côté d’un autre mot, là, c’est l’entremêlement des textes qui apporte à l’ouvrage cette impression de grandeur, la sélection des textes a été un travail de longue haleine, un assemblage proprement poétique, et le résultat foisonnant est étourdissant, vous me permettrez, une fois n’est pas coutume, de faire l’éloge de la pensée-poésie de Monchoachi, car, une fois n’est pas coutume, je suis sûre de l’avoir bien comprise, saisie, et là, il ne s’agit pas d’une posture, où l’on se dit « c’est beau », parce que « la grande poésie, c’est forcément beau », là, c’est beau comme une mer violette de glycérias par un temps de carême, Monchoachi écrit sans même la nommer (ou si peu) sa terre natale, son attachement indéfectible à sa terre natale où il a assuré son retour, sa terre natale qui avec l’Assimilation (« action de réduire en pâtée« , nous rappelle le poète) a supporté la perversité la plus cruelle que l’Occident n’a jamais expérimentée, jamais tentée sur l’Humain et qui en fait, de ce fait, un laboratoire de la déchéance promise à l’Homme, sous le vocable de Progrès, un Progrès dont la visée ultime, mise à nue par Fanon, dans la magistrale conclusion des Damnés de la terre, est l’Homme, en finir avec l’Homme, le massacrer par tous les moyens, et à cette aune l’Humanisme, comme avatar du Progrès, imposé à la Terre entière par l’Occident, ne trouverait, en réalité, sa justification que dans le seul impératif de tenir un discours « lénifiant et enjôleur » face à la barbarie qu’instaurent les Temps-Modernes, une Modernité inaugurée avec faste par le massacre des Indiens d’Amérique, le pillage de tout un continent, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, y compris les îsles « nées d’une discorde entre l’eau et le feu » débaptisées, rebaptisées, décimées, repeuplées (et…recolonisées par le peuplement jusqu’en en plein XXIème siècle !)

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Source : http://www.madinin-art.net/

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