Sursis requis contre Coco Deane

Sursis requis contre Coco Deane
Sursis requis contre Coco Deane
Tahiti, le 12 novembre 2019 – Une peine de 8 mois de prison avec sursis et 500 000 Fcfp d’amende a été requise à l’encontre du premier adjoint de la mairie de Arue, Jacques, dit Coco Deane, soupçonné d’avoir été l’auteur de harcèlement sexuel sur sa subordonnée, la directrice des ressources humaines de la commune. Le jugement est mis en délibéré et sera rendu le 26 novembre prochain.

Le premier adjoint de la commune de Arue a annoncé qu’il serait candidat contre le maire sortant Philip Schyle, lors des municipales de mars prochain. Mardi, c’est dans une toute autre affaire que s’est illustré l’élu de 58 ans, membre du conseil municipal de cette commune de la côte Nord de Tahiti depuis 29 ans. 


« Bonne nuit ma petite chatte »
Jacques, dit Coco Deane, était jugé mardi pour des faits de harcèlement sexuel et “pression grave” exercées entre août 2016 et août 2017 sur sa subordonnée hiérarchique, la directrice des ressources humaines de la municipalité. Epris d’une passion non partagée pour cette dernière, chargée de la direction du service des ressources humaines de cette commune, avec laquelle il était amené à travailler du fait de sa délégation de fonctions relative aux ressources humaines, il reconnait lui avoir envoyé des textos et de e-mails lui déclarant sa flamme à toutes heures du jour et de la nuit : “Tu étais très belle aujourd’hui”, “Ressens-tu les mêmes choses que moi dans ton petit cœur ?”, “Bonne nuit ma petite chatte”, “Bonne nuit. J’ai envie de te serrer contre moi”. Entre août 2016 et février 2017, il enverra au total 68 SMS transis de la sorte. Mais Coco Deane dit avoir été “dépassé par ses sentiments”. “C’est pour ça que j’ai été comme ça”, explique l’élu qui aujourd’hui encore refuse d’admettre ces faits de harcèlement. Il dénonce au contraire une cabale visant à porter atteinte à son image à quelques mois des élections municipales.

De son côté, la victime, sa cadette d’une bonne vingtaine d’années, explique avoir tenté à plusieurs reprise, dès le mois d’août 2016, de lui dire et de lui faire comprendre qu’elle n’éprouvait aucun sentiment et qu’elle préférait s’en tenir à des relations strictement professionnelles.

Contrarié par cette résistance, le 1er adjoint de Arue s’était alors montré difficile et colérique, perturbant la gestion et s’opposant systématiquement à sa DRH dans la gestion des dossiers du service, en la dénigrant devant le maire et les chefs de service.


« Aucune empathie pour sa victime »
De guerre lasse et très affectée par la situation, la jeune femme avait fini par se porter malade d’août 2017 à juin 2018. Elle avait alors porté plainte au parquet de Papeete et engagé une procédure devant le tribunal administratif pour l’absence de protection fonctionnelle de la part de la mairie. La municipalité a été condamnée par le tribunal administratif en juillet 2018 et n’a pas fait appel.
En revanche elle s’est portée partie civile dans la procédure pénale ouverte pour harcèlement à l’encontre de Coco Deane. Mardi, Philip Schyle a expliqué avoir dans un premier temps eu du mal à concevoir que son compagnon de route, son “bras droit” à la mairie, ait pu se rendre coupable des faits de harcèlement qu’avait tenté de lui dénoncer la victime dès avril 2017. Aujourd’hui, il se dit déçu par un homme qu’il croyait connaître.  

Le procureur Danielsson a requis mardi une peine de huit mois de prison avec sursis à l’encontre de Coco Deane en estimant que l’élu n’avait “aucune empathie pour sa victime”. “Il dit avoir été dominé par sa passion. On peut le comprendre d’un adolescent de 15 ans, mais il avait 55 ans à l’époque des faits”. Me Robin Quinquis, l’avocat de la plaignante, demande au tribunal de prononcer une peine de 3 millions de Fcfp en réparation du préjudice moral subi par cette dernière. La mairie de Arue demande 4 millions de Fcfp en réparation du préjudice d’image causé par cette affaire. La Caisse de prévoyance sociale demande 4 millions de Fcfp en remboursement des frais engagés durant l’arrêt de travail de 15 mois dont a bénéficié l’ancienne DRH de Arue. Le jugement est mis en délibéré et sera rendu le 26 novembre prochain.


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Source : https://www.tahiti-infos.com/Sursis-requis-contre-Coco-Deane_a186586.html

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