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Wuambushu 2 : « Ça bouscule les quartiers, parce qu’on va chercher les gens »

Quelques maires et conseillers départementaux de Mayotte ont pu rencontrer François Xavier Bieuville, ce vendredi, en fin de matinée, dans l’hémicycle Bamana du conseil départemental, à Mamoudzou. Le préfet de Mayotte a dressé un bilan à dix jours de l’opération Wuambushu 2, appelée désormais « Mayotte place nette ». Il a pu ainsi répondre aux questions des élus, puis aux nôtres à l’issue de la réunion.

Flash Infos : Quel était le but de cette rencontre ?

François-Xavier Bieuville : Comme je l’ai dit en arrivant, je ferai des conférences de sécurité régulières pour informer les élus de la situation. Je constate qu’on a des échanges fructueux. On a des élus qui nous font part de leur situation, de leurs inquiétudes, qui nous disent les sujets qui ont plutôt bien marché ou sur lesquels on a moins bien marché. C’est normal de faire cet exercice-là. Je ne crois pas qu’il y ait eu d’autres préfets qui ont accepté de se soumettre pendant deux heures et demie aux questions des élus pour dire ce que nous faisons.

F.I. : L’opération va-t-elle rester à ce rythme-là ou monter en puissance ?

F-X.B. : Elle a déjà acquis un rythme de croisière assez soutenu. On a d’autres opérations de décasage. On a des opérations d’intervention sur des zones prioritaires, de recherche de cibles prioritaires. Je dis souvent qu’on fera du Wuambushu tous les jours. Ce n’est pas après ou avant qu’on a commencé à travailler. On a une concentration de moyens pendant deux mois. Mais une fois qu’on aura terminé « place nette », on continuera de façon intensive à chaque fois que ce sera nécessaire. C’est pour ça qu’on a besoin des élus pour savoir sur quelles zones on a un problème.

F.I. : Justement, vous parlez d’une concentration des moyens et on a encore de nombreux caillassages, avec des droits de retrait des conducteurs de bus.

F-X.B. : Vous avez raison, la bataille de la sécurité, c’est tous les jours. C’est la raison pour laquelle la police et la gendarmerie est sur le terrain. On dérange beaucoup. Ça bouscule les quartiers, parce qu’on va chercher les gens. Évidemment qu’il y a de la réaction. Malheureusement, je le déplore et je pense à chacune des victimes, l’une des réactions est le caillassage. Ce n’est pas pour ça qu’on va ralentir le rythme. On a besoin des résultats.

F.I. : Mais comment on peut protéger les automobilistes qui sont bloqués par les bouchons et qui se retrouvent au milieu des caillassages ? Je pense à Mt’sapéré par exemple, ce jeudi soir.

F-X.B. : Déjà, il va falloir régler ce problème de feux tricolores à Passamaïnty. Il y a un vrai sujet de coordination de ces feux et on l’a bien vu, notamment hier soir, avec un blocage total de la circulation vers le sud. Il y a un problème puisqu’on crée des conditions d’insécurité avec des feux qui fonctionnent de cette façon-là. Ensuite, j’ai toujours dit que je ne mettrais pas un policier ou un gendarme derrière chaque véhicule. En revanche, ce dont nous avons besoin, et nous le faisons plutôt bien, la stratégie est une occupation du terrain là où il y a des difficultés, elle est plutôt porteuse de résultats. On évoque vingt jeunes agressifs à Koungou, il n’y a pas si longtemps, c’était 200. Il faut qu’on passe à deux. On a déjà une progression importante. C’est comme ça qu’il faut qu’on travaille, c’est de façon quotidienne en ayant des points de fixation de ces caillassages, en assurant une présence systématique, c’est comme ça qu’on va réduire les choses.

F.I. : Sur le volet de la lutte contre l’immigration, il avait été annoncé « un rideau de fer maritime ». Où en est-on ?

F-X.B. : Dans le cadre de l’opération « place nette », il y a un certain nombre de moyens qui sont à l’œuvre. On a des vedettes de la gendarmerie maritime, un bâtiment de la marine française qui sillonne le Mozambique, qui nous permet d’anticiper les arrivées. Mais « le rideau de fer », c’est beaucoup de moyens technologiques. On a passé un certain nombre d’appels à manifestation d’intérêts sur des technologies nouvelles avec une part d’intelligence artificielle, une part d’outils nouveaux qui permettent de mieux repérer, de mieux anticiper. On pourrait analyser des bruits de moteur par exemple pour savoir à quoi on a affaire. Ça, on est train de le fabriquer, on a feuille de route. Quand elle sera validée par nos autorités ministérielles, on pourra en parler plus précisément, sans doute à la fin du premier semestre.

F.I. : J’ai une dernière question sur « les chefs de bande » qui reste une dénomination assez floue. On nous parle de six interpellations, neuf maintenant. Quels sont réellement leurs profils ?

F-X.B. : Vous avez raison de poser cette question-là. La notion de « chef de bande », c’est une notion un peu sociologique. Mais ce n’est pas une notion juridique. Ce dont je parle, ce sont des cibles prioritaires. Ce sont des organisateurs de réseaux criminels, ce sont des instigateurs. C’est sur cette base là que nous recherchons les individus. Quand ces personnes deviennent des cibles prioritaires, alors nous allons les chercher là où elles sont. Ensuite, on les présente à la justice pour qu’elle fasse son travail, les condamne et les mette en prison s’il y a lieu.  

F.I. : Justement, aux neuf interpellés, qu’est-ce qu’on leur reproche aujourd’hui ?

F-X.B. C’est à la justice d’en décider, pas à moi. Moi, j’ai une mission, c’est d’aller les chercher et les présenter à la justice. C’est à elle de répondre à cette question*.

*Interrogé, le Parquet dément suivre quelles sont les fameuses cibles prioritaires parmi les dizaines de personnes interpellées quotidiennement. Déterminer qui sont ces cibles relèverait davantage de la police et de la gendarmerie. Le marchand de sommeil de Pamandzi condamné récemment à un an de prison en fait ainsi partie, nous est-on confirmé.

Les élus demandent encore à voir

Se conformant à sa promesse de faire part des progrès de l’opération, le préfet de Mayotte s’est entretenu avec quelques maires et conseillers départementaux de Mayotte. Les chiffres, hormis le nombre de chefs de bande qui serait monté à neuf, sont proches de ceux annoncés par Marie Guévenoux, la ministre déléguée à l’Outremer, cette semaine. Peu d’élus ont été là pour nous répondre. Les seuls que nous avons pu croiser louent « la volonté du préfet ». « On attend maintenant les résultats », nous confirme Zamimou Ahamadi, la vice-présidente du conseil départemental de Mayotte.

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